Les courbatures ne mesurent pas ta prise de muscle.
3 studies · Zhang 2026 meta-analysis
6 min de lecture

Le mythe : « no pain, no gain »
Tu viens de plier une séance. Le lendemain matin, tu galères à t’asseoir. Cette sensation — les courbatures (DOMS) — beaucoup la prennent comme un reçu : preuve que tu t’es assez arraché, que tes muscles ont bien « reçu le message » pour grandir.
Sauf que non. Les courbatures te disent surtout que tes tissus ont pris cher et que l’inflammation est en route. Mais ça ne te dit presque rien sur la quantité de nouveau muscle que ton corps va construire dans les 48–72 prochaines heures.
Je comprends d’où vient l’idée : les DOMS montent en flèche après des séances nouvelles et « destructrices », et la nouveauté peut aussi déclencher de la prise de muscle. Mais corrélation ≠ causalité. Et surtout, tu peux très bien avoir l’un sans l’autre.
Les courbatures te disent que tes tissus ont été stressés. Elles ne disent presque rien sur la quantité de muscle que tu vas construire.
Le travail en excentrique : le test parfait
Les contractions excentriques (la phase où tu descends la charge) créent nettement plus de dégâts mécaniques que les concentriques — donc, en général, plus de courbatures. Et l’« accentuated eccentric loading » (AEL), où tu surcharges volontairement la phase de descente, c’est un des moyens les plus fiables de te garantir des DOMS le lendemain.
Donc si les courbatures faisaient grossir, l’AEL devrait donner clairement plus d’hypertrophie qu’un entraînement classique avec charge constante. Eh bien non.
Une grande analyse qui combine plusieurs études (49 études, 773 participants) a comparé l’AEL à l’entraînement en musculation à charge constante. Résultat : hypertrophie similaire — alors que l’AEL provoque beaucoup plus de perturbations mécaniques et de DOMS (Zhang et al., 2026). Autrement dit : la méthode qui te rend le plus courbaturé ne te donne pas, proportionnellement, plus de muscle.
C’est le signal le plus clair qu’on ait en conditions contrôlées : tu peux monter les courbatures… sans monter la prise de muscle.
L’AEL fait plus de dégâts et plus de courbatures — mais donne une hypertrophie similaire à un entraînement standard.
— Zhang et al. (2026). Acute and Chronic Effects of Accentuated Eccentric Loading vs. Constant-Load Resistance Training: A Systematic Review and Meta-analysis. Sports Med.
Tu peux faire baisser les courbatures sans flinguer tes gains
Si les courbatures étaient le moteur de la prise de muscle, tout ce qui les réduit devrait aussi réduire la réponse de ton corps à l’entraînement. Et ce n’est pas ce qu’on observe.
La chaleur est un bon exemple. Mettre de la chaleur avant ou après l’entraînement — bain chaud ou diathermie par micro-ondes — réduit régulièrement les courbatures et aide à récupérer plus vite ta fonction musculaire après la séance (McGorm et al., 2018). Et dans cette même revue, il y a même des indices que chauffer le muscle peut améliorer les adaptations en musculation sur la masse musculaire dans certains contextes — pas les diminuer.
Tu n’as pas besoin de finir détruit pour progresser. Tu as besoin d’un stimulus mécanique et métabolique suffisant, de assez de protéines, et de récupération. Les courbatures, c’est un effet secondaire du process — pas le moteur.
Réduire les dégâts peut même aider à prendre du muscle
Le β-Hydroxy-β-methylbutyrate (HMB) — un dérivé de la leucine — réduit des marqueurs de dommages musculaires et atténue les courbatures après un entraînement costaud. Si courbatures = croissance, le HMB devrait être un « tueur de gains ». Ce n’est pas le cas.
La prise de position de l’International Society of Sports Nutrition (2025) conclut que les effets anti-inflammatoires et anti-cataboliques du HMB pourraient au contraire favoriser la croissance et la réparation musculaires, en limitant une dégradation excessive des protéines tout en maintenant la synthèse protéique (Rathmacher et al., 2025). Moins de dégâts, moins de courbatures — et potentiellement une meilleure hypertrophie nette, pas une moins bonne.
Et c’est un schéma qu’on retrouve souvent : les trucs qui réduisent les « dommages collatéraux » de l’entraînement ne réduisent pas forcément la progression. Parfois, ça libère juste des ressources pour reconstruire pour de vrai.
Le HMB réduit les courbatures et les dommages musculaires — et l’ISSN dit qu’il pourrait favoriser la prise de muscle, pas la freiner.
— Rathmacher et al. (2025). International society of sports nutrition position stand: β-hydroxy-β-methylbutyrate (HMB). J Int Soc Sports Nutr.
Ce qui déclenche vraiment la prise de muscle
L’hypertrophie repose sur 3 grands mécanismes : tension mécanique, stress métabolique et dommages musculaires — mais les dommages sont le moins important des 3. Et en plus, ça ne colle pas proprement aux courbatures.
La tension mécanique (la surcharge progressive — soulever plus lourd ou faire plus de volume au fil du temps) reste le facteur n°1. Tu peux créer énormément de tension avec des exercices qui donnent peu de courbatures, surtout une fois que ton corps s’y est habitué. Les pratiquants avancés ont souvent zéro DOMS sur les squats ou les rows… et pourtant ces mouvements continuent de construire du muscle.
Autre point : les courbatures diminuent quand tu répètes le même exercice (l’effet « repeated bout »). Donc au moment où un mouvement est vraiment bien calé dans ton programme, il ne te donne presque plus de DOMS. Courir après les courbatures en changeant d’exos tout le temps, c’est justement un des moyens les plus rapides de ralentir tes progrès — tu ne laisses jamais à ton corps le stimulus répété dont il a besoin pour s’adapter.
Ce qui prédit vraiment la prise de muscle : surcharge progressive sur plusieurs semaines, assez de volume hebdo par groupe musculaire, assez de protéines (1.6–2.2 g/kg/day), et un sommeil de qualité. Rien de tout ça ne se voit dans tes courbatures.
Courir après les courbatures en changeant d’exos tout le temps, c’est un des moyens les plus rapides de ralentir tes progrès.
Comment Planfit applique ça
Les programmes Planfit sont construits autour de la surcharge progressive — pas autour du « je change tout le temps pour souffrir ». L’app suit tes charges et ton volume d’une séance à l’autre, et te propose d’augmenter le poids ou les reps quand tu es prêt. Comme ça, ton stimulus d’entraînement grandit de façon logique, pas juste parce que la séance t’a paru dure. Si tu finis une séance sans être particulièrement courbaturé, c’est OK. Ton carnet d’entraînement, lui, ne ment pas.
Quand tu testes un nouvel exercice ou que tu reviens après une pause, Planfit peut signaler un effort plus élevé — mais l’app n’utilise pas les courbatures comme indicateur de performance. La progression, ça se mesure en disques ajoutés et en reps validées, pas au nombre de marches que tu descends en grimacant.
Comment Planfit applique ça
Les programmes Planfit sont construits autour de la surcharge progressive — pas autour du « je change tout le temps pour souffrir ». L’app suit tes charges et ton volume d’une séance à l’autre, et te propose d’augmenter le poids ou les reps quand tu es prêt. Comme ça, ton stimulus d’entraînement grandit de façon logique, pas juste parce que la séance t’a paru dure. Si tu finis une séance sans être particulièrement courbaturé, c’est OK. Ton carnet d’entraînement, lui, ne ment pas.
Quand tu testes un nouvel exercice ou que tu reviens après une pause, Planfit peut signaler un effort plus élevé — mais l’app n’utilise pas les courbatures comme indicateur de performance. La progression, ça se mesure en disques ajoutés et en reps validées, pas au nombre de marches que tu descends en grimacant.
Références
- Zhang et al. (2026). Acute and Chronic Effects of Accentuated Eccentric Loading vs. Constant-Load Resistance Training: A Systematic Review and Meta-analysis.. Sports Medicine. 10.1007/s40279-026-02422-7
- McGorm et al. (2018). Turning Up the Heat: An Evaluation of the Evidence for Heating to Promote Exercise Recovery, Muscle Rehabilitation and Adaptation.. Sports Medicine. 10.1007/s40279-018-0876-6
- Rathmacher et al. (2025). International society of sports nutrition position stand: β-hydroxy-β-methylbutyrate (HMB).. Journal of the International Society of Sports Nutrition. 10.1080/15502783.2024.2434734