Myths Busted

Sauna après ta séance, pas avant — –8,0 mmHg de tension systolique dans un ECR de 2022

4 studies · RCT + 2 reviews

Sauna avant ou après l’entraînement ? Les études sont claires : après la séance, tu gagnes vraiment côté cardio — d’après un ECR de 2022 et 2 revues publiées dans des journaux de référence.

6 min de lecture

Sauna après ta séance, pas avant — –8,0 mmHg de tension systolique dans un ECR de 2022

La réponse : après — et les chiffres sont sans appel

Aujourd’hui, on va faire simple : d’abord l’entraînement. Ensuite le sauna.

Ce n’est pas une question de préférence. C’est ce que les données soutiennent. Un ECR de 2022 (une étude où les participants sont répartis au hasard entre plusieurs groupes) a montré que les gens qui ajoutaient 15 minutes de sauna juste après leur séance amélioraient davantage leur forme cardio-respiratoire et faisaient baisser leur tension systolique de façon cliniquement intéressante (–8,0 mmHg), comparé à ceux qui s’entraînaient sans sauna (Lee et al., 2022).

Aller au sauna avant ta séance, ça casse une partie de l’effet de l’entraînement. Voilà pourquoi c’est important — et ce que le timing change vraiment dans ton corps.

Le sauna après l’entraînement a fait baisser la tension systolique de 8,0 mmHg — l’entraînement seul, non.

Lee et al. (2022). Effects of regular sauna bathing in conjunction with exercise on cardiovascular function. Am J Physiol Regul Integr Comp Physiol.

Ce que le sauna fait vraiment à ton système cardio

La chaleur du sauna fait monter ta température interne. Du coup, ton cœur bosse plus fort pour envoyer du sang vers la peau et évacuer la chaleur. Et c’est ça, le stimulus clé : plus de débit sanguin.

Une revue dans l’European Journal of Applied Physiology explique le mécanisme clairement : répéter ces périodes de gros débit sanguin — que ça vienne de l’exercice ou de la chaleur — « entraîne » la paroi interne de tes vaisseaux (l’endothélium, cette fine couche de cellules qui gère la dilatation et la contraction des vaisseaux) à mieux faire son job (Weaver et al., 2022). Sauna et entraînement jouent donc sur des chemins qui se recoupent.

C’est pour ça que les combiner peut t’apporter plus que l’un ou l’autre seul. Mais l’ordre décide si les effets s’additionnent… ou s’annulent.

La chaleur et l’exercice poussent l’adaptation des vaisseaux via le même chemin : un débit sanguin élevé qui stimule l’endothélium.

Weaver et al. (2022). Non-pharmacological interventions for vascular health and the role of the endothelium. Eur J Appl Physiol.

Pourquoi sauna avant la séance, c’est le mauvais ordre

Une séance de sauna fait monter ta fréquence cardiaque, fait baisser ta tension, et réduit ton volume plasmatique — la partie « liquide » de ton sang. Et ensuite tu veux soulever lourd ou sprinter ? Ton corps est déjà entamé avant même ta 1re série.

Rissanen et al. (2020) ont mesuré ce qui se passe côté « mécanique du sang » (tension, fréquence cardiaque, niveaux de fluides) avec 4 façons différentes de combiner exercice + sauna. Le volume plasmatique chutait nettement pendant chaque séance d’exercice, et le sauna accélérait encore cette chute. Donc si tu commences par le sauna, tu démarres l’entraînement déjà en déficit de fluides.

Moins de volume plasmatique = moins de sang envoyé aux muscles qui bossent = perfs en baisse.

Tu ne t’es pas « échauffé ». Tu t’es pré-fatigué.

Ce que l’ECR a vraiment montré sur le sauna après l’entraînement

L’étude de Lee et al. (2022) a duré 8 semaines, avec 47 adultes sédentaires qui avaient au moins 1 facteur de risque cardio. 3 groupes : entraînement seul, entraînement + sauna après la séance, ou groupe contrôle.

Le groupe « entraînement seul » a amélioré sa forme cardio-respiratoire (en gros : à quel point ton corps utilise bien l’oxygène quand tu forces) de +6.2 mL/kg/min. Le groupe « entraînement + sauna » a progressé de +2.7 mL/kg/min — mais a aussi baissé sa tension systolique de 8.0 mmHg et réduit son cholestérol total, des résultats que le groupe entraînement seul n’a pas obtenus.

Des réponses différentes, pas les mêmes. Le sauna ne remplaçait pas l’effet de l’entraînement — il ajoutait une couche « santé vasculaire » par-dessus.

Un point à noter quand même : le gain de forme du groupe sauna était plus petit que celui du groupe entraînement seul. Ça peut simplement refléter la charge cardio en plus : avec le sauna, les participants tenaient peut-être moins d’intensité « pure » à l’entraînement. Encore une raison de voir le sauna post-séance comme un outil de récup et de vaisseaux — pas comme un booster de performance.

Et la testostérone — le timing du sauna change quelque chose ?

Tu as peut-être déjà vu passer « le sauna tue ta testostérone ». Une revue de 2026 dans Sports Health s’est penchée sur les stratégies légales utilisées par les athlètes pour optimiser la testostérone, et elle conclut un truc clair : le sauna semble neutre sur la testostérone (Lazarev et al., 2026). L’immersion en eau froide, elle, pourrait la faire baisser — mais pas le sauna.

Donc si tu fais du contraste chaud/froid après l’entraînement (sauna puis bain froid), là c’est une autre question. Mais un sauna classique après ta séance ne va pas « casser » le signal hormonal que tu viens de créer.

La même revue rappelle aussi que le facteur le plus important pour la sécrétion de testostérone, c’est la qualité du sommeil, parce que ça se joue beaucoup pendant la phase REM — la phase la plus réparatrice. Un sauna après l’entraînement, en aidant ta température interne à redescendre dans l’heure qui suit (ton corps « sur-corrige » après avoir chauffé), peut même soutenir un sommeil de meilleure qualité — et donc protéger ta testostérone pendant la nuit.

Le sauna semble neutre sur la testostérone — l’immersion en eau froide, c’est plutôt elle qui pourrait la faire baisser.

Lazarev et al. (2026). Testosterone-Optimizing Strategies in Athletes. Sports Health.

Combien de temps et à quelle température : le mode d’emploi

L’ECR de Lee et al. (2022) utilisait 15 minutes après l’entraînement à des températures de sauna finlandais (souvent 80–100°C / 176–212°F). C’est cette « dose » qui a donné la baisse de 8.0 mmHg.

Rissanen et al. (2020) ont mesuré les réponses après endurance, musculation, et entraînement mixte — le tout suivi d’un sauna. Les points pratiques à retenir :

- Endurance + sauna : les plus grosses baisses de tension — –8.9 mmHg systolique juste après, –11.0 mmHg à 30 minutes.
- Musculation + sauna : effets positifs aussi, juste un peu plus modestes que l’endurance.
- Volume plasmatique (le « liquide » de ton sang) : hausse nette le lendemain dans les groupes qui combinaient endurance + sauna. Bon signal de récup.

Concrètement, après ta séance :

1. Redescends 5–10 minutes avant d’entrer — attends que ta fréquence cardiaque repasse sous 100 bpm.
2. Hydrate-toi avant d’y aller. Tu as déjà perdu de l’eau à l’entraînement.
3. 15 minutes, ça suffit. Tu ne cherches pas « plus chaud » — tu laisses juste le mécanisme de récup faire son boulot.
4. Douche fraîche (pas glacée) après. Ça aide ta température interne à se normaliser, et ça facilite l’endormissement.

Et si ton objectif principal, c’est la santé cardio, le combo entre tes choix d’ordre cardio before or after weights et un sauna post-séance te donne 2 stimuli vasculaires qui s’additionnent sur la même session.

Comment Planfit applique ça

Le bénéfice du sauna post-séance observé dans les études venait en plus d’un entraînement structuré et progressif — pas de séances au hasard. Planfit te donne justement cette structure : l’app programme chaque séance, te recommande la charge de travail et la fourchette de reps pour chaque série, et suit ta progression pour que le stimulus d’entraînement continue d’augmenter. Tu logs ta séance, tu jettes un œil à ta récup, puis tu vas au sauna. L’ordre est intégré.

Références

  1. Lee E et al. (2022). Effects of regular sauna bathing in conjunction with exercise on cardiovascular function: a multi-arm, randomized controlled trial.. Am J Physiol Regul Integr Comp Physiol. 10.1152/ajpregu.00076.2022
  2. Rissanen JA et al. (2020). Acute Hemodynamic Responses to Combined Exercise and Sauna.. Int J Sports Med. 10.1055/a-1186-1716
  3. Weaver SR et al. (2022). Non-pharmacological interventions for vascular health and the role of the endothelium.. Eur J Appl Physiol. 10.1007/s00421-022-05041-y
  4. Lazarev A et al. (2026). Testosterone-Optimizing Strategies in Athletes.. Sports Health. 10.1177/19417381251411933